Il était une fois… la Péniche Spectacle – Office de Tourisme

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30 ans de voyages imaginaires

Destination Rennes – Bruno Mazodier

Sur le quai Saint-Cyr, l’Arbre d’eau et la Dame Blanche font partie du décor… Les péniches jumelles aux noms poétiques abritent un lieu culturel pas comme les autres : la Péniche-Spectacle. Depuis plus de 30 ans, les spectateurs y embarquent pour des voyages imaginaires.

Tout commence en 1985 quand Jean-Bernard Vighetti, alors directeur des Tombées de la Nuit et de l’Office de tourisme, demande à la compagnie de Théâtre du Pré Perché de créer un spectacle sur l’univers de la batellerie. Hugues Charbonneau, comédien et metteur en scène de la compagnie, imagine alors un spectacle autour de la mémoire des mariniers et des éclusiers. Très vite émerge l’idée de présenter le spectacle sur une péniche dans le cadre des Tombées de la Nuit. Pour Hugues Charbonneau, habitué aux lieux nomades, c’est aussi l’opportunité de trouver un lieu de résidence pour sa compagnie de théâtre.

« Le point de départ, a été le coup de pouce de Jean-Bernard Vighetti, avec sa vision de l’art dans l’espace public et sa vision touristique il nous a fait confiance et nous a permis d’oser » se souvient Hugues Charbonneau.

Une programmation tout public « de la crèche au 3ème âge »

« Le spectacle a ensuite sillonné le département du nord au sud pour créer l’événement dans les communes. C’était l’occasion de revisiter l’histoire des voies navigables et de faire le lien entre la ville et la campagne. Du développement culturel avant l’heure ! » raconte Annie Desmoulin, Directrice de la Péniche Spectacle. Dès le début en effet, l’idée de la faire voyager était au cœur du projet. Avec comme horizon d’offrir aux spectateurs une ouverture sur le monde et ses cultures.

« On a décliné l’idée d’un bateau qui voyage. Quand on embarque à bord de la péniche, on part aux quatre coins du monde à la rencontre de l’autre et des autres cultures » résume la directrice. « C’est pour ça que la programmation pluridisciplinaire se décline autour des paroles, musiques et voix du monde avec du théâtre, du conte, du théâtre musical, du jazz, de la chanson, des musiques du monde et des documentaires. Une programmation tout public, de la crèche au club du 3ème âge. » Des spectacles désormais réservables en ligne sur la billetterie de l’Office de tourisme.

Le bateau, symbole de la découverte

Destination Rennes – Gwendal Le Flem

Pour Hugues Charbonneau, l’idée de la Péniche Spectacle découle surtout de nombreux imaginaires. « Le bateau est un lieu qui bouge, sur lequel se retrouvent des gens et des équipages avec des langues et des cultures différentes. Dans la mythologie, le bateau symbolise le mélange. On ne sait jamais ce qui va se passer dans l’aventure mais on est sûr qu’on va aller vers l’ailleurs. Cela fait écho à la culture, à une société ouverte, de tolérance. Le bateau est un passeur, dans tous les sens du terme. Comme à bord de l’Arche de Noé, ou le bateau d’Ulysse, on affronte des tempêtes en se serrant les coudes. »

Et de l’huile de coude, il en a fallu pour transformer en salle de spectacle flottante des péniches prévues à l’origine pour le transport de marchandises. Construites près de Nantes dans les années 1960 leurs mensurations correspondent au standard breton : 27,50 mètres de long pour 4,10m de large. Et avec une vitesse de croisière de 12km/h, leur allure est plus proche de celle d’un vélo que d’un cheval au galop.

L’Arbre d’eau et la Dame Blanche, les péniches jumelles

Destination Rennes – Gwendal Le Flem

Dès l’acquisition de la première péniche, la compagnie de théâtre planche pour lui trouver un nom poétique. Prénommée à l’origine « Jean-Philippe » (du nom d’un des enfants de son ancien propriétaire), elle est baptisée l’Arbre d’eau. « En référence au Lac de Guerlédan qu’on avait vu vide avec un arbre tout au fond qui nous avait tant fasciné » se souvient Annie Desmoulin. C’est la péniche qui abrite la salle de spectacle de 70 places.

En 1996, un deuxième bateau s’est amarré au projet. « L’idée était de l’aménager en lieu forum, lieu d’accueil des spectateurs avec une galerie d’exposition et la possibilité d’organiser des ateliers, d’accueillir des conférences… » détaille la directrice de la compagnie. « Elle représente l’ancrage sur Rennes et reste à quai quand la péniche spectacle vogue en saison nomade ».

« Avant, elles transportaient des marchandises, aujourd’hui elles transportent du rêve » 

Un modèle identique, racheté au même propriétaire qui l’avait appelé Pascal. Désormais elle porte le nom de Dame Blanche. « Il fallait d’un pendant féminin à l’Arbre d’eau. La Dame Blanche est le personnage qu’on croit voir dans la brume du matin sur les rivières les berges et les canaux du côté de Langon quand on part de bonne heure ».

L’imaginaire a donc pris les commandes des péniches pour leur donner une nouvelle vie. « Avant, elles transportaient des marchandises, aujourd’hui elles transportent du rêve » résume Annie Desmoulin. « La péniche est un patrimoine vivant. Et maintenant elles comptent plus d’années de vie artistique que dans leur première vie de transport de marchandises.»

A la belle saison, la péniche largue les amarres pour une saison nomade

Destination Rennes – Gwendal Le Flem

L’une des particularités de la péniche spectacle est de larguer les amarres dès que les voies navigables sont ouvertes. Pendant sa saison nomade, d’avril à septembre, l’Arbre d’eau vogue ainsi dans tout le département pour des escales dans les communes. Pendant ce temps, la Dame Blanche reste à quai dans son port d’attache, au pied de l’immeuble Jean Nouvel, juste à côté du Belvédère des frères Bouroullec.

La saison nomade fait escale dans une douzaines de villes au bord de l’eau. Pas toujours les mêmes, car la péniche y est très attendue et s’associe au fil de l’eau avec les écoles et les médiathèques. En 2022, elle mettra le cap vers le sud à Chavagne, Laillé, Pont-Réan, Bourg-des-comptes, Saint-Senoux ; et vers le Nord à Saint-Médard-sur-Ille, Saint-Germain-sur-Ille, Montreuil-sur-Ille, Saint-Grégoire, Chevaigné, Guipel, et Hédé.

Dans son port d’attache, la péniche a aussi tissé des partenariats avec les festivals locaux : Mythos, Jazz à L’Ouest, le Grand Soufflet, Marmaille, Travelling ainsi qu’avec le théâtre voisin de la Paillette…

Un projet pionnier dans la réappropriation de l’eau

Destination Rennes – Franck Hamon

Finalement, en s’aventurant sur l’eau avant tout le monde et en se servant de cet élément comme fil conducteur, la Péniche Spectacle a joué le rôle de pionnière… Depuis sa création, on peut même dire que l’eau a coulé sous les ponts tant la ville s’est transformée.

« Pendant longtemps on a caché la Vilaine et on lui a tourné le dos » estime Hugues Charbonneau. « Aujourd’hui, on est contents de voir les efforts qui sont fait pour se réapproprier la Vilaine, les liens qui se tissent entre l’architecture, la culture, l’histoire, les loisirs et le tourisme. Il y a un lien entre tout ce que l’eau peut amener comme bonheur, plaisirs, rêveries, détente, rencontres, avec l’espace de la Cité et les questions écologiques. On a vu toutes ces questions reprendre corps dans la société et elles font écho à notre projet de départ. Un projet qu’on nourrit sans cesse en travaillant avec tout le monde, car c’est une aventure qui ne peut pas se faire en solitaire ! »

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