Voyage de pêche à Cuba : entre tourisme et poissons exotiques aux leurres

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Connue pour ses sites historiques et culturels incontournables, et pour son tourisme nuptial, Cuba est aussi réputée auprès des pêcheurs à la mouche. En effet, c’est à l’occasion de nos 10 années de concubinage que nous avons décidé, avec ma compagne, de nous envoler pour la Cuba libre ! J’ai évidemment pu négocier quelques sorties en mer avec un guide de pêche. Récit. Texte et photos d’Eduard Ayuso Lopez

Férus de voyages, avec ma compagne nous avons déjà coché de nombreuses destinations sur la carte du globe : Costa Rica, les Caraïbes, l’océan Indien, les Seychelles, l’Île Maurice, l’Australie, la Thaïlande, et à chaque fois j’ai eu l’opportunité de pêcher un ou deux jours pour découvrir les espèces autochtones. Nous nous sommes donc mis d’accord au mois de mai dernier sur Cuba, avec comme point d’orgue la Cayo Santa Maria, une petite île au large de la côte nord.

Avant la pêche, place à la découverte de la vie cubaine

La Havane, Vinyales, Cienfuegos, Trinidad, et Cayo Santa Maria ont été nos différents lieux de villégiature durant ce séjour cubain.

À gauche : l’auteur et sa compagne et LA voiture emblématique de cuba : une Chevrolet Bel Air Taxi des fifties. À droite : l’hôtel Habana libre, le bastion du Général Castro au début de la révolution.

Notre périple débute par la capitale, La Havane, avec une visite des hauts-lieux de « la revolucion » en Chevrolet des années 50, sans oublier le passage obligatoire par « la bodeguita del medio », cette petite auberge où le premier Mojito fut créé.

À gauche : la bodeguita del Medio, l’auberge où le premier Mojito a vu le jour. à droite : Ernesto Che Guevara, « hasta la vistoria siempre ! », traduisez – Toujours jusqu’à la victoire.

Les jours suivants nous nous sommes rendus dans des zones rurales où nous souhaitions découvrir la production des fameux « Habanos », les cigares cubains. Deux journées à Vinyales nous ont permis d’aller à la rencontre de producteurs de tabac et de canne à sucre qui utilisent encore des moyens traditionnels. Une virée que je conseille vivement.

Les plantations de café et de tabac pour les Habanos (cigares cubains) sont légion ici à Cuba.

Pour clore ce passage touristique de notre trip, Cienfuegos, dont l’histoire et l’architecture sont étroitement liées à la France, et Trinidad, ont été les deux dernières villes hôtes où le temps semble s’être arrêté au milieu du siècle passé. Le lendemain nous sommes partis en montagne pour visiter les plantations de café et se baigner dans des piscines naturelles aux eaux cristallines.

L’arrière-pays cubain vaut vraiment le détour !

 

Cayo Santa Maria, destination pêche et farniente

Cayo signifie « île » en espagnol, et dans la région de Santa Maria plusieurs îlots sont connectés à l’île de Cuba via un pont, ce qui simplifie le transport du matériel de pêche en voiture.

Précisons par ailleurs que tous nos transferts sur les différents endroits ont été effectués avec des taxis cubains réservés par l’agence de voyage, Enjoy Cuba.

Fournie en stations balnéaires, Santa Maria correspond à la conception du farniente classique : plages, excursions, cocktails, mais aussi aux fantasmes de tout pêcheur, notamment pour les moucheurs qui viennent traquer spécifiquement le tarpon.

À vrai dire, je ne me suis pas rendu à l’improviste dans ce coin de paradis sans me renseigner au préalable sur les opportunités de pêche. C’est sur le conseil d’un collègue espagnol que je pris contact avec Ictiandro Celorio, un guide de pêche que je recommande. Pour passer une journée complète à bord de son skiff il faudra compter 350 euros environ afin de profiter d’un programme varié entre les zones côtières et la mangrove.

L’objectif premier était surtout de traquer les prédateurs aux leurres de surface, popper, stick, et si l’activité n’était pas là de descendre en profondeur au jig pour trouver les cuberas.

Pêche en mangrove à Cayo Santa Maria

La première journée nous sommes restés sur les spots de mangrove car la mer était trop agitée pour le skiff (bateau à fond plat) du guide. Il était donc préférable d’assurer la sécurité de chacun et surtout le plaisir en pêche.

À droite : les barracudas ont été les premiers à se jeter sur les leurres de surface ! À gauche : les carangues hippos et gros yeux sont très voraces.

La mangrove est parsemée de hauts-fonds rocheux où les prédateurs peuvent se tenir. Ici j’ai pu prendre cinq barracudas au popper et au jerkbait.

Ensuite nous avons prospecté aux bucktail jigs les piles du fameux pont qui relie Cayo Santa Maria à l’île principale. Pour l’anecdote, trouver du matériel sur place relève du défi, alors les pêcheurs locaux fabriquent eux-mêmes leurs bucktails qu’ils nomment « pollos », ce qui veut dire poulet en français.

Le vivaneau sorbe ou encore le pargo en espagnol est un magnifique combattant.

Les pêcheurs locaux utilisent notamment des cheveux de poupées afin bricoler ces teasers. Sous ces piles de pont nous avons fait des vivaneaux et nos plus grosses prises ont été des snooks. Nous n’attendions absolument pas cette espèce car peu présente habituellement sur ces spots.

Toujours sur cette journée, et aux bucktail jigs, j’ai piqué et une magnifique carangue et deux beaux tarpons qui se sont malheureusement décrochés au moment des chandelles.

Même le guide ne s’attendait pas à ce snook pris non loin des piles du pont qui fait la jonction entre Santa Maria et l’île de Cuba.

Pêche au petit large de Santa Maria, Cuba

La seconde journée, la météo s’est améliorée, nous nous sommes donc concentrés sur les spots le long de la côte. En suivant le même mode opératoire que la veille, j’ai piqué en surface des barracudas et des maquereaux espagnols.

Les maquereaux espagnols sont des boules de nerfs !

Un peu plus tard dans la session une chasse d’oiseaux éclate au-dessus d’une zone coralligène d’une dizaine de mètres de profondeur. Le guide décide alors à ce moment d’approcher le bouillon discrètement afin de lancer nos premiers leurres. Dans la foulée je ferre plusieurs carangues hippos et, chose incroyable, un requin (citron ou taureau, difficile à dire) se tenait en bordure de chasse et a suivi mon popper jusqu’au bateau tout en sortant fièrement son aileron pour nous impressionner.

Pour la suite, nous sommes restés sur cette zone de coraux pour pêcher plus en profondeur aux jigs les cuberas, vivaneaux, carangues hippos et gros yeux et encore un snook au jig. À noter que les carangues GT ne peuplent pas cette partie des Caraïbes. Au final, j’ai été comblé par la variété d’espèces et surtout leur réceptivité aux leurres proposés !

Une jolie carangue hippos, mieux vaut être bien armé pour affronter ces spécimens.

Mon matériel pour les voyages de pêche

Côté matériel, et comme à mon habitude, j’ai apporté tout le nécessaire dans ma valise. Pour ce faire, j’ai acheté des cannes multibrins qui tiennent dans une valise standard. En l’occurrence, j’ai emporté une canne à jig S-craft Maguro Renegade Expedition, equipé du Twin Power 10000PG en tresse PE6, une canne polyvalente S-Craft Furia 73/3 Expedition avec Twin Power 5000XG garni d’une tresse en PE3 et une plus puissante Hearty Rise Skywalker popping avec un Daiwa BGMQ 18000 équipé en PE8. Niveaux leurres, ceux qui ont vraiment eu le plus de succès sont : le Feed Popper, le Rapala X-rap, les jigs powerline sanagi et bien sûr les bucktail jigs.

Pourquoi partir pêcher à Cuba

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Cuba est un pays sécuritaire. Comme dans toute destination des zones bien précises sont à éviter. Mais globalement nous avons été agréablement surpris, d’autant plus que les gens sont extrêmement accueillants. Durant ce trip nous voulions combiner des nuitées en hôtel et chez l’habitant, dans les « casas particulares », un tour qui a été organisé par Enjoy Cuba, une agence cubaine. Les transports en commun ici c’est le nerf de la guerre car il y a un manque de moyens/organisation. Donc il vaut mieux se reposer sur des agences qui gèrent toute cette partie.

Cubera et pargo, deux gladiateurs à viser absolument à Cuba !

Côté pêche, je ne pouvais rêver mieux : une large variété d’espèces et de gros poissons ont été faits en seulement deux journées. Le résumé du voyage ? Du soleil, du farniente, de la bonne musique, de la belle pêche, des bons petits plats, le tout à bon rapport qualité-prix…

 

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