Destination Taghazout, un tourisme alternatif combinant nature et culture

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Après une période de restriction drastique des voyages imposée par la propagation du coronavirus, l’engouement pour un « vivre-mieux » est palpable chez les Marocains, avides d’explorer de nouvelles destinations originales et riches de leur patrimoine. C’est le cas de Taghazout, un village de pêcheurs situé sur la côte atlantique du Royaume, à quelques kilomètres d’Agadir et réputé pour ses plages aux couleurs saphir. L’endroit est prisé non seulement par les professionnels et amateurs du surf mais également par les férus du tourisme culturel pour ses potentialités qui restent encore à découvrir et, surtout, à valoriser.

Surplombé par les montagnes d’Ait Bihi, dont le calme n’est brisé que par les gazouillis des oiseaux et, de temps à autre, le braiment des ânes, Taghazout est séparée de la commune rurale d’Aourir par un majestueux cours d’eau enjambé du pont Oued Tamraght.

Cette petite commune abrite le centre culturel Bab Taghazout, un nouveau dispositif culturel dans un milieu rural à l’architecture sobre, ouvert aux visiteurs de Taghazout mais également d’Agadir et de ses environs.

Une grande porte reflétant la beauté brute et la singularité architecturale de la région de Souss orne Bab Taghazout qui regorge de sculptures, de tableaux de peinture, de céramiques, de poteries, de tapis et de décorations Amazigh en plus des fameux produits de beauté extraits de l’huile d’argan.

Visiter Bab Taghazout, c’est s’offrir une plongée dans cet art de vivre berbère qui est une composante clé de la riche culture ancestrale du Maroc, et qui séduit les locaux comme les étrangers. Mus par l’envie de vivre une expérience de voyage originale et dépaysante, ils choisissent cette partie du Royaume pour leurs vacances, participant par là à la redynamisation de l’activité touristique et à la sauvegarde du patrimoine local.

C’est le cas de Martine Mimmas, une Parisienne qui a décidé de faire le grand saut et d’ouvrir deux magasins au centre Bab Taghazout. Le premier est spécialisé dans la confection de bijoux à partir de coquillages et de perles naturelles, collectés dans les plages de la région dont Taghazout et Imourane, tandis que le deuxième magasin propose à la vente une large variété de thés à déguster sur place. « Installés au Maroc depuis quatre ans, mon mari et moi avons ouvert ici notre premier magasin d’articles artisanaux en décembre 2021 », indique Mme Mimmas dans une déclaration à la MAP.

« Ce projet tourné vers la promotion du savoir-faire de la région de Souss a été développé en collaboration avec des artisans locaux ainsi qu’avec une coopérative féminine pour la confection de plusieurs produits comme des petites pochettes, des sacs de plage et des chaussures », explique-t-elle.

Évoquant le changement du profil des touristes que reçoit Taghazout, cette retraitée française estime qu’avec la Covid, les habitudes touristiques ont changé, invitant à une redécouverte de l’histoire et de la richesse naturelle et culturelle du Maroc.

« Avec l’apparition de la pandémie, les habitudes des voyageurs ont changé pour s’intéresser de plus près à des produits chics inspirés du savoir marocain ».

Pour Mme Mimas, Taghazout a pu garder tout son charme et sa singularité et se démarquer ainsi de destinations concurrentes qui rivalisent d’atouts et d’offres pour séduire une clientèle aisée.

Dans le même esprit, Cihad Macar, un étudiant turc installé à Dublin, fait savoir que l’authenticité de Taghazout ainsi que sa réputation comme destination mondiale pour le surf et le yoga l’ont poussé à choisir le Maroc pour son premier voyage post-Covid.

« J’ai été subjugué par la beauté de la nature environnante et surtout par la culture culinaire de la région du Souss », confie-t-il à la MAP. Loin du tourisme de masse, Taghazout est la vitrine d’un nouveau produit touristique plus durable et plus adapté aux enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques actuels.

Si le tourisme culturel à Taghazout prend petit à petit son envol, d’autres destinations attendent d’être découvertes et promues à l’échelle nationale et internationale. Le besoin se fait sentir pour la multiplication des manifestations artistiques, des musées et autres infrastructures culturelles, pour célébrer et valoriser le patrimoine local de chacune des régions du Maroc, de manière à mettre la culture au service de la relance touristique tant attendue.

 

MAP / Sofia El Aouni

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